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lundi 11 février 2008

Jamais seule.


Quatre anges dans ma vie, quatre anges me sourient.
Un frère, un amant, un amour, un enfant
Le deuil et le tourment, la joie et l'enfantement
La lumière m'a vu naître, l'ombre façonne mon être
L'ébène me complète, mon avenir en la cadette.

Quatre anges dans ma vie, quatre anges font ma vie.
Un soleil, un ami, puis la mort et la nuit.
Un sombre esprit si brillant, si lointain, si présent.
Le silencieux confident, amour puissant ... patient.
La douce candeur, chaleur, entre mes bras, petit coeur.

Quatre anges dans ma vie, quatre anges et je vis.
Celui qui m'a vu le premier, m'a appris qui j'étais.
Celui qui m'a soignée, blessée, libérée.
Celui qui m'a voulue, tant aimée, tant attendue.
Celle qui a grandi en moi, qui me donne la foi.

Quatre anges dans ma vie, quatre anges ... merci.

lundi 10 décembre 2007

Portraits du passé #2

(Première partie)

Un après-midi d'été, la chaleur est insoutenable dehors.
La maison aux volets clos a toutes les peines à garder un peu de fraîcheur.
Nous évoluons dans la pénombre de la maison de famille en attendant les heures douces de la fin de l'après-midi.
Au dehors, des gens arrivent, des amis ou de la famille, je ne sais plus.
Je descends les acceuillir.
Avant que je n'ai atteint la porte d'entrée, celle-ci s'ouvre, rectangle de lumière et de chaleur, un soleil à ma porte.
C'est dans cette lumière que tu apparais, grande silhouette blonde, franc sourire et visage juvénile ... un ange.
Ta présence est chaude et douce, éblouissante, plus rassurante que tout ce que je connais alors.
Tu fais brutalement entrer tellement de lumière dans ma vie que je crois renaître auprès de toi.
Pour la première fois, j'ai la sensation d'exister pour quequ'un.
Tu m'écoutes et me conseilles, je peux tout te dire.
Nous jouons et plaisantons, et pour la première fois personne ne rit de moi : nous rions ensemble.
Nous devenons vite inséparables, pourtant vient l'heure de se quitter.
Une promesse alors : je viendrai te rejoindre.

Une année passe, légère et sereine, ta lumière encore sur moi.
L'été revient et avec lui la joie de te revoir.
Cette fois-ci, c'est moi qui voyage : train, gare et retard ...
J'arrive au soir d'un 14 juillet, trop tard pour aller jusqu'à la ville.
Peu importe, nous montons sur les toits de la maison en chantier pour assister de loin aux feux d'artifices de villages alentour, c'est là encerclés d'étincelles que je savoure ma liberté toute neuve.
De là, tu me présentes tes amis et tous ne comprennent pas l'affection fraternelle qui nous lie. Amis siamois.
La mer, les rires, les jeux, les fêtes et les émois ...Un petit matin, nous mangeons des prunes en admirant le ciel et ses lumières. Aucun fruit n'aura jamais été meilleur.
Voici venu l'été des premières fois : premiers baisers, premier amour, première cigarette, première capote, première cuite et première gueule de bois, première insomnie, première virée à moto, premier rodéo en bagnole, premiers mots d'amour ...
Tu assistes, ange gardien, à mes aventures juvéniles et me met en garde en toute complicité.Trois semaines d'absolu bonheur, je ne veux plus partir, pourtant ...
C'est sur une nouvelle promesse que nous nous quittons, ton anniversaire ... j'y serai.

Ma mère me dit un jour "Tu sais, vous pourriez même vous marier, vous n'êtes pas vraiment cousins : sa mère et moi, on a grandi ensemble mais on est pas soeurs"
Je suis choquée : comment pourrais-je épouser un frère ?

Les mois passent et les lettres se suivent, j'ai un mal fou à écrire.
Je suis encore grisée par mes amours estivales et me la joue un peu romantique ... si puéril.
J'attends le mois de mai comme certains le messie ... te revoir !

Nous nous retrouvons comme si nous ne nous étions pas quittés.
Ballades et retrouvailles, plaisanteries et surprises party ...
Ta mère nous offre des cadeaux de jumeaux, des vêtements dans la même boutique et deux peluches quasi-identiques : deux ours, le tien est brun, le mien noir.
Le repas de fêtes est grandiose ... tu es grandiose du haut de tes 18 ans. On sabre le champagne ... les adultes se chamaillent en arrière plan, peu importe. Nous sommes tous là pour toi, tu es notre roi !Une nouvelle première fois : boîte de nuit !Je suis une gamine de 14 ans ... mais mon ange gardien a donné des consignes : tout le monde me traite comme une princesse, tous me respectent grace à toi ...
Je vis désormais sous ton impérieuse et puissante protection.
Pour la première fois, je me sens à l'abri du mal de ce monde.
Nouvelle séparation et nouvelle promesse : cet été sera le nôtre.

Mais cette fois-ci, je ne peux tenir parole : les adultes dans leurs conflits compromettent nos amitiés et nous briment. Je désespère ... et l'ennui me colle à la peau.

Puis revient le printemps, un nouvel anniversaire s'annonce, il sera sans nul doute plus brillant encore ... je revis ...

Pour mourir bientôt.

jeudi 11 octobre 2007

Immortels

Un rêve encore, original cette fois-ci.

J'étais de nouveau collégienne et me trouvais dans un pensionnat de garçons, dans une ambiance un peu désuette, style années 60-70.
Une scène d'initiation pour la première nuit dans le pensionnat.
Dans le réfectoire obscur, à la lumière de quelques chandelles, visages juvéniles sur des pyjamas à carreaux. Je ne comprends rien à la scène, mais peu importe : mon cousin est là et je sais qu'il veille sur moi. Etre assise auprès de ce grand gaillard blond si souriant est l'endroit le plus serein au monde. Ici, rien ne peux m'arriver de mal. un bruit, les bougies sont soufflées à la hâte, tout le monde se met à courir : les survellants nous ont repérés.
Nous nous faufilons pour rejoindre les dortoirs en douce, de couloirs en escaliers, et arrivons triomphant entre les lits des autres pensionnaires moins audacieux qui applaudissent sur notre passage. Nous chantons notre victoire sur l'autorité. Nous sommes les rois du monde en cet instant. "Immortels". Le privilège de l'adolescence.
Puis mon cousin me dit se sentir mal, je l'accompagne durechef à l'infirmerie.
Il me demande de m'éloigner de lui : "je ne veux pas te faire de mal ... c'est la soif de sang qui se réveille".
Je comprends alors : "Immortels", c'était donc ça l'initiation.
Je n'ai pas été contaminée, grace à lui.
Il me prie de partir, je lui souris : "tout ce qui me vient de toi, je l'accepte". Je m'approche et me blottis contre lui. Il est d'abord surpris, réticent, puis il sourit à son tour et enroule ses bras autour de moi.
Le lieu le plus serein au monde. Plénitude.
"Je t'aime grand frère" - "Je t'aime aussi petite soeur".
Cet étreinte dure un instant, un siècle, une éternité, simplement dans les bras l'un de l'autre, sa joue sur le sommet de ma tête et la mienne sur son coeur. Tadoom tadoom tadoom ...
Puis on me demande de sortir, je quitte la pièce à reculons.
Dans le dortoir de l'infirmerie, il fait sombre et froid. Trois lits sont occupés.
Une vieille femme toute racornie me fait signe de m'approcher. Je m'execute.
Elle essaie alors de me sauter à la gorge (contaminée elle aussi) mais ne parvient pas à m'atteindre. Elle s'effondre alors et se met à pleurer.
Une autre patiente me tend alors une sorte de machette. "Tu es la seule à pouvoir nous libérer". Elle offre son cou à la lame. Elle est d'une beauté à couper le souffle.
"Je ferai de mon mieux", je prépare mon geste pour que la coupe soit nette, c'est le moins que je puisse faire pour une beauté aussi bouleversante ... Tchac !

Ce matin, en me réveillant, il me restait encore un peu de la chaleur de mon cousin. Un peu de sa présence. Il est si rare que je rêve de lui, quand cela arrive, je suis alors aussi heureuse que je l'étais lorsque j'étais auprès de lui.
Il me reste aussi un peu du trouble que cette femme a suscité. Si belle et si tragique.